Pourquoi « berger », et non « roi » ?

David connaissait les deux métiers. C'est le plus humble des deux qu'il a choisi pour dire qui est Dieu — et ce choix engage quelque chose de précis.

Le Psaume 23 ne se contente pas de comparer Dieu à un berger. Dans la lecture de Matthew Henry, il lui confie la charge, avec les devoirs qui vont avec.

Psaume 23, verset 1 · Louis Segond 1910 Cantique de David. L’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.

Une charge, pas un compliment

Le premier intertitre de Henry sur le verset 1 dit exactement cela : le grand soin que Dieu prend des croyants. David avait gardé des brebis avant de garder un royaume, et Henry estime que ce souvenir travaille ici — il se rappelait combien elles avaient besoin d'un berger, et quelle bonté c'était pour elles d'en avoir un qui fût habile et fidèle.

Un soin pareil s'énumère en verbes, et Henry les fournit : Dieu les prend dans sa bergerie, puis prend soin d'elles, les protège et pourvoit à leurs besoins, avec plus de soin et de constance que ne le peut un berger dont c'est le métier de garder le troupeau. Personne n'est trop obscur pour y être compté : le plus petit n'échappe pas à sa connaissance.

Ce que cela change pour celui qui le lit

Dire que Dieu est votre berger, ce n'est donc pas vous offrir une image douce : c'est constater qu'une responsabilité a été prise, et qu'elle ne dépend pas de votre force. La couronne dit la grandeur; la houlette dit la proximité, la régularité, le travail de chaque jour. Le psaume choisit la houlette — et c'est pourquoi il console des gens que les discours sur la grandeur laissent froids.

La suite du poème décline cette charge poste par poste : le repos et la nourriture, le chemin retrouvé, puis la vallée, où le métier de berger devient un métier d'escorte, et la table, où il devient un métier d'hôte.