Le Psaume 23 ne se contente pas de comparer Dieu à un berger. Dans la lecture de Matthew Henry, il lui confie la charge, avec les devoirs qui vont avec.
Une charge, pas un compliment
Le premier intertitre de Henry sur le verset 1 dit exactement cela : le grand soin que
Dieu prend des croyants
. David avait gardé des brebis avant de garder un royaume, et Henry
estime que ce souvenir travaille ici — il se rappelait combien elles avaient besoin d'un
berger, et quelle bonté c'était pour elles d'en avoir un qui fût habile et fidèle
.
Un soin pareil s'énumère en verbes, et Henry les fournit : Dieu les prend dans sa
bergerie, puis prend soin d'elles, les protège et pourvoit à leurs besoins, avec plus de soin
et de constance que ne le peut un berger dont c'est le métier de garder le troupeau
.
Personne n'est trop obscur pour y être compté : le plus petit n'échappe pas à sa
connaissance
.
Ce que cela change pour celui qui le lit
Dire que Dieu est votre berger, ce n'est donc pas vous offrir une image douce : c'est constater qu'une responsabilité a été prise, et qu'elle ne dépend pas de votre force. La couronne dit la grandeur; la houlette dit la proximité, la régularité, le travail de chaque jour. Le psaume choisit la houlette — et c'est pourquoi il console des gens que les discours sur la grandeur laissent froids.
La suite du poème décline cette charge poste par poste : le repos et la nourriture, le chemin retrouvé, puis la vallée, où le métier de berger devient un métier d'escorte, et la table, où il devient un métier d'hôte.