Remarquez d'abord ce que le verset ne dit pas. Il ne promet pas de contourner la vallée, ni de l'éclairer. Il suppose qu'on y entre — et il change de grammaire à cet endroit précis : jusque-là le psalmiste parlait de Dieu à la troisième personne; dans la vallée, il lui parle en face. C'est le mouvement même du deuil sincère : on cesse de parler de Dieu, on se met à lui parler.
L'équipement du berger dans la vallée
Jusqu'à l'équipement, qui est un équipement de travail. Henry entend dans la houlette et le
bâton deux outils réels — la houlette sous laquelle les brebis passaient lorsqu'on les
comptait
, et le bâton dont les bergers se servaient pour chasser les chiens qui
auraient dispersé ou tourmenté les brebis
. Et quand une brebis n'est pas perdue mais
seulement épuisée, les mêmes mains la soignent : il me rétablit quand je suis malade, et me
ranime quand je défaille
.
Voilà pourquoi ces deux objets consolent : ils prouvent que quelqu'un de compétent est présent, armé, et en train de compter son troupeau — jusque dans la vallée. La consolation de ce verset n'est pas une parole apaisante; c'est une présence outillée.
Si vous accompagnez quelqu'un
Un tel soin demande quelque chose en retour. Si Dieu est notre berger, dit Henry, nous
devons connaître la voix du berger, et le suivre
. Pour celui qui accompagne — l'enfant au
chevet d'un parent, le pasteur, l'ami qui a accepté de lire ce texte devant l'assemblée —,
cela veut dire une chose simple : votre rôle n'est pas de remplacer le berger, mais de prêter
votre voix à un texte qui en sait plus long que vous. Lisez-le lentement. Il a été écrit pour
être marché, pas déclamé.
Après la vallée, le psaume ne remonte pas vers les pâturages : il s'assied à une table. Ce n'est pas un détail — c'est la suite de la promesse.